Finale de la Ligue des Champions 2003

MONTPELLIER ~ PAMPELUNE



Champions ! Les Montpelliérains l'ont fait. Inexistants à l'aller, en Espagne (19-27), les Héraultais ont retourné une situation désespérée pour écraser Pampelune (31-19) et décrocher la première Ligue des champions du handball français. Champagne !


Les joueurs

L'effectif se répartit entre un tiers de glorieux anciens garants de l'identité du club, un tiers de jeunes sortis du centre de formation, enfin un tiers d'étrangers expérimentés.


AMBIANCE

L'entraîneur

Avec cette première finale européenne, Patrice Canayer touche la récompense de neuf années de travail. Mais, loin de s'endormir sur ses lauriers, l'entraîneur de Montpellier pense surtout aux moyens d'installer son club dans l'élite du handball européen.

 

PATRICE CANAYER EN BREF

Entraîneur et manager général, Patrice Canayer s'est fixé à Montpellier en 1994. Ce Nîmois d'origine, qui vient tout juste de fêter son 42e anniversaire, a contribué à bâtir un palmarès au MHB : 5 titres de champion de France et 4 Coupes de France. Auparavant (1985-1994), d'abord comme joueur puis comme entraîneur, il a évolué au Paris Racing Asnières. Un club parisien où il a croisé et entraîné, un temps, un certain Jackson Richardson.

 

Canayer : « On a beaucoup travaillé »

Avec cette première finale européenne, Patrice Canayer touche la récompense de neuf années de travail. Mais, loin de s'endormir sur ses lauriers, l'entraîneur de Montpellier pense surtout aux moyens d'installer son club dans l'élite du handball européen. Entretien.

« Patrice Canayer, qu'est-ce qui fait la force de Montpellier ? 

Je pense que c'est l'accumulation des expériences qui fait que l'on progresse doucement, puis que l'on arrive, à un moment donné, à maturité. Depuis une dizaine d'années, nous avons beaucoup, beaucoup travaillé. Nous l'avons fait dans tous les domaines, à la fois technique, tactique, sportif, physique mais aussi au niveau de l'environnement du club. Nous avons franchi des paliers, en sachant que la progression n'est jamais linéaire, mais se fait effectivement par étapes. Par moments aussi, il faut un peu de réussite. Actuellement, nous réunissons un peu tous ces éléments et cela permet de mettre en exergue notre progression et notre niveau actuel.

Quels sont les domaines dans lesquels vous pouvez encore progresser ? 

Il y en a des tas. Le cas contraire serait triste, dans la mesure où cela signifierait que nous sommes arrivés au bout du chemin. Nous pouvons encore avancer énormément, tant dans le domaine sportif qu'en ce qui concerne les structures autour du club.

 « Nous devons rester au sommet »

Pouvez-vous préciser cette marge de progression relative au secteur sportif ? 

L'une des difficultés majeures est de perdurer. On sait qu'arriver une fois (NDLR : en finale, voire à gagner) n'est certes pas si facile, mais reste à la portée de beaucoup de monde. Mais se maintenir est beaucoup plus difficile, car cela nécessite une stabilité importante au niveau économique, de la motivation. Nous avons réussi à tenir ce challenge au niveau national. Depuis quelques années, je pense pouvoir affirmer que nous dominons le handball français. Nous avons aussi fait preuve de stabilité au niveau européen à travers des participations successives, trois quarts de finale consécutifs. Maintenant, le problème est de s'installer durablement au plus haut niveau européen. Nous nous trouvons dans un domaine extrêmement concurrentiel d'un point de vue sportif et économique, avec d'autres très gros clubs européens. Cela sera difficile, mais nous avons la volonté de réussir.

Où se situe la différence avec les années précédentes au niveau de la réussite sportive ? 

Il y a plusieurs choses. La première remarque concerne la Coupe d'Europe. Pour évoluer à ce niveau-là, il est impossible de courir comme on le fait actuellement après trois compétitions (Ligue des champions, Championnat et Coupe de France), avec en plus des tas de joueurs internationaux, sans un effectif important. Cela nécessite des moyens importants, un environnement sain, tant au niveau sportif que financier.

« Nous misons sur de jeunes joueurs »

C'est votre cas cette année ? 

Oui mais, et c'est la deuxième remarque, il ne suffit pas d'avoir des joueurs, encore faut-il correctement les utiliser. Le nombre de gars dont on dispose, ce que l'on appelle la profondeur de banc, n'a rien d'exceptionnel par rapport aux grands clubs européens. Depuis très longtemps, à Montpellier, nous avons travaillé et misé sur les jeunes joueurs. Nous leur avons souvent fait confiance dans des moments importants. Une autre caractéristique est que l'on a écumé tous les grands tournois européens depuis un certain nombre d'années. Ainsi, au niveau de l'effectif, nous avons essayé d'apporter de l'expérience, du vécu. Aujourd'hui, la profondeur est utilisée à plein, car tous les joueurs ont l'habitude d'évoluer dans cette équipe, et parfois, il n'y a guère de différence entre les titulaires et les remplaçants. Chacun à son tour peut devenir titulaire.

Les joueurs acceptent-ils cette concurrence ? 

Oui car nous devons former des joueurs qui ont une mentalité irréprochable au niveau du professionnalisme et de l'esprit club. Des joueurs de 18 ou 19 ans, comme par exemple Karabatic, Guigou ou Kabengele, qui est tout juste un peu plus vieux, sont parmi nous depuis plusieurs années. Ces jeunes sont imprégnés de la culture montpelliéraine. Pour réussir au plus haut niveau, en ce qui concerne les clubs, il faut des joueurs de grande qualité, mais aussi beaucoup de travail, pour avoir un fonds de jeu, un savoir-faire qui seront exploitables par tous les joueurs. Aujourd'hui, quand j'entends dire que l'on peut bâtir une équipe en deux ans, je n'y crois pas. »


Les coulisses

Patrice Canayer et son adjoint Didier Marcy doivent rivaliser d'ingéniosité pour permettre à leurs joueurs de bien aborder un agenda chargé, entre Championnat, Coupe de France et Coupe d'Europe. L'Equipe.fr vous fait partager le quotidien des Montpelliérains.

Des journées presque ordinaires

Récupération, entraînement, compétition. Tous les ingrédients du cocktail dont s'abreuvent les joueurs de Montpellier sont réunis. Tout est question de dosage et l'entraîneur Patrice Canayer et son adjoint Didier Marcy s'y entendent pour composer un savant mélange, capable de rompre toute espèce de monotonie et de révéler les saveurs incomparables de la victoire.

Pour affronter le Pampelune de Jackson Richardson, Montpellier ne changera pas ses habitudes. Du moins ce qu'il en reste. Adaptation fait force de loi lorsque l'on doit gérer un agenda particulièrement chargé. Donc pas de mise au vert prévue. Cette saison, les Montpelliérains traversent la France de long en large et poursuivent leur découverte de l'Europe. Hôtels et salles de sports jalonnent une grande partie de leur quotidien. Surtout en ce moment, et pour de longues semaines encore, durant lesquelles les Héraultais enchaînent les matches au sommet. Cela étant, il n'existe aucune journée-type.

Andrej Golic dirige l'échauffement de ses coéquipiers.

Coupe de France et Championnat étayent la préparation à la finale de la Ligue des champions. Rien de mieux pour peaufiner quelques réglages. Patrice Canayer, mais aussi Didier Marcy, donnent de la voix. L'entraîneur effectue les changements et décide des choix tactiques, tant offensifs que défensifs. Son adjoint conseille, harangue parfois les joueurs lorsqu'ils défendent. Entrez dans l'intimité du banc et des temps morts montpelliérains. Ces moments clés d'un match qui, d'ordinaire, échappent aux oreilles.

Consignes de toutes sortes

Mickaël Guigou, le jeune ailier international n'échappe pas à la colle, cette résine naturelle dont les joueurs s'enduisent le bout des doigts pour obtenir une meilleur adhérence du ballon.

Les derniers préparatifs d'avant-match. Les uns passent, comme Martini, ou sont passés, comme Sioud, entre les mains du kiné. D'autres, comme Stefanovic, appliquent un strapping sur des articulations bien éprouvées par une longue saison.

Ils touchent au but. Enfin presque. D'un pas assuré, les Montpelliérains s'engagent dans la dernière ligne droite. Elle peut être une voie royale, comme un chemin semé d'embuches. Les Héraultais jouent sur tous les tableaux : Coupe d'Europe, Coupe et Championnat de France. Fin mai, ils seront fixés. Sonneront alors les trompettes de la renommée ou bien le glas.

Pour l'heure, la première finale européenne de Montpellier est dans toutes les têtes. Un rendez-vous pourtant majeur mais que Patrice Canayer s'évertue à rendre ordinaire. « Il n'y aura pas de plan spécifique pour contrer Richardson, concède tout juste l'entraîneur. Avec tout le respect que je lui accorde, il ne fait pas Pampelune à lui seul. Les Espagnols disposent de beaucoup d'autres très bons joueurs. Mais nous sommes confiants, nous avons les moyens d'aller au bout ». 

Didier Marcy, responsable du centre de formation et adjoint de Patrice Canayer, encadré par Stefanovic et Junillon. Il intervient sur les phases défensives.

Dunkerque, Angers, Wittelsheim, Paris, Pampelune, Montpellier pour accueillir Pampelune, puis Chambéry et Créteil. Alternance de matches de Championnat et de Coupe de France, entrecoupés du rendez-vous continental face au club espagnol où évolue Jackson Richardson, le calendrier des Montpelliérains ressemble à s'y méprendre aux travaux d'Hercule.

L'effectif héraultais est suffisamment riche cette année pour permettre, parfois, à Patrice Canayer de ménager certains joueurs. « Compte tenu de toutes les échéances qui nous attendent, et avant notre match de Championnat à Paris et la finale aller à Pampelune, chaque joueur aura bénéficié de deux jours de repos », souligne le technicien montpelliérain.

Les coéquipiers du capitaine Laurent Puigsegur ont faim de victoires. « Quand tu gagnes, tu arrives à oublier la fatigue, explique Thierry Omeyer, le gardien international sollicité aussi par la sélection nationale. En ce moment, on a vraiment des rythmes élevés, mais on a tellement envie d'aller au bout qu'on se remet au travail sans rechigner ». Dès le dimanche 4 mai, à l'issue du match retour de la finale de la Ligue des champions, les Montpelliérains peuvent récolter les fruits des efforts consentis. En cas de sacre européen, le premier du handball français à ce niveau, leurs journées ne seront plus jamais ordinaires.


Le match aller - Monptellier prend l'eau

Montpellier a été étouffé par Pampelune, lors du match aller de la finale de la Ligue des champions, la première de la formation française. Les Montpelliérains, battus (19-27), devront réaliser un exploit au retour, dimanche 4 mai.

Jackson Richardson sans pitié pour ses camarades de Montpellier.

 

PAMPELUNE

Gardien de but : Rivero

Marqueurs : Garralda (1), Al. Martin (2), Richardson (6), Iakimovic (10 dont 2 pen.), Mainer (2), Urdiales (3 dont 3 pen.), Am. Martin (3)

 


MONTPELLIER

Gardiens de but : Martini, Omeyer

Marqueurs : Kabengele (2), Karabatic (11 dont 2 pen.), Stefanovic (3), Guigou (1), Sioud (1), Bojinovic (1)

Stefanovic n'a pu marquer que trois buts.

Dès le début de la rencontre, la formation espagnole donne le ton et empêche son adversaire de rentrer dans la partie. Jackson Richardson inscrit très vite trois buts. Les Français en marquent deux avant une longue période de disette au cours de laquelle Pampelune s'en donne à coeur-joie. Six réalisations consécutives pour les Ibériques alors que, de son côté, Montpellier rate tous ses tirs et bute sur le gardien cubain, Vladimir Rivero, en état de grâce et qui effectue notamment trois arrêts consécutifs.

Il faut attendre la 23e minute pour assister au réveil de Montpellier par l'intermédiaire de Nikola Karabatic, un but qui marque la remontée des Français dans cette fin de première période. Les Espagnols accusent, quant à eux, un peu le coup et montrent qu'ils peuvent également connaître des passages à vide. Martini est remplacé par Omeyer dans les buts et ce dernier signe quelques arrêts décisifs. A la pause, Montpellier n'est plus mené que de deux petits buts (11-9).

Karabatic maintient l'espoir

Hélas, au retour des vestiaires, l'équipe tricolore ne trouve toujours pas la solution. Le scénario de la première période se répète et le rouleau compresseur espagnol se remet en marche. Il faut dire que l'enjeu de ce match aller est grand pour Montpellier qui dispute sa première finale européenne alors que son adversaire a déjà remporté la Ligue des champions en 2001.

Karabatic, meilleur marqueur de la rencontre avec 11 buts, reste cependant très percutant et semble être le seul Montpelliérain à vaiment être entré dans le match, du haut de ses 19 ans. Il poursuit son show tandis que la défense française continue de souffrir énormément et que Burdet n'arrive toujours pas à marquer.

Dans le camp espagnol, Iakimovic est surexcité et enfonce un peu plus Montpellier. L'écart se creuse logiquement un peu plus et c'est finalement avec 8 buts de retard que les joueurs de Patrice Canayer accueilleront Pampelune dans huit jours. Un écart sûrement trop grand à combler mais qui n'enlève rien au parcours énorme de Montpellier en Ligue des champions cette année.


Le triomphe de Montpellier

Jamais une équipe européenne avait remonté un tel handicap. Après avoir sombré lors de la finale aller, à Pampelune, s'inclinant lourdement avec 8 buts de retard, les Montpelliérains ont étouffé le club de Jackson Richardson pour s'imposer, à domicile lors de la finale retour, au terme d'un match d'anthologie qui s'est terminé dans la confusion mais aussi dans l'euphorie. On vibre depuis plusieurs années aux exploits de l'équipe de France, voici qu'un club tricolore décroche enfin le titre européen suprême.

 

Puigsegur, capitaine montpelliérain, brandit le trophée le plus inattendu et le plus attendu

 

LA FEUILLE DE MATCH


Montpellier-Pampelune 31-19

(mi-temps : 14-10) 
Arbitres : MM. Boye et Jensen (DAN) 

Spectateurs : 3 000 

Montpellier 
- Gardiens de but : Omeyer, Martini

- Marqueurs : D. Kabengele (3), Karabatic (5 dont 3 pen.), G. Anquetil (4), Puigségur (2), Guigou (10 dont 3 pen.), Sioud (2), Bojinovic (5)

Pampelune 
- Gardiens de but : Rivero, Malumbres
- Marqueurs : Mainer (1), Garralda (2), Urdiales (3 dont 1 pen.), Richardson (4), Am. Martin (3), Iakimovitch (4 dont 1 pen.), Perez (2)

 

Richardson a tout tenté pour Pampelune, en vain

 

Canayer (à g.) et Bojinovic, survolté durant toute la rencontre mais apaisé par la victoire

Aucun club l'avait jamais fait auparavant. Seul le grand Barcelone avait remonté sept buts de retard pour décrocher la Coupe des Coupes 1985 contre Moscou, et encore, aux tirs au but. Le Montpellier Handball a fait beaucoup mieux, effaçant sa contre-performance de la finale aller, à Pampelune, pour inscrire le nom d'un club français pour la première fois au palmarès de la prestigieuse Ligue des champions.

LE MATCH

La capacité des joueurs de Patrice Canayer à faire preuve d'un indispensable sursaut d'orgueil ne fait très vite aucun doute. Dans un Palais des Sports René-Bougnol chauffé à blanc, les Héraultais prennent les Basques à la gorge dès les premières secondes. Anquetil marque le premier but sur une interception. Le ton est donné. D'autant que la défense montpelliéraine se montre rapidement intraitable. Alors que Montpellier mène 12-6 (19e), retard presque déjà comblé, les Espagnols ne réussissent à marquer qu'un but en nette supériorité numérique puisque Karabatic et Dinart ont été exclus deux minutes. Jackson Richardson se dépense sans compter pour maintenir Pampelune à flots, mais ne réussit qu'à limiter l'écart à la pause (14-10).

L'intensité monte d'un cran en deuxième période, Omeyer réussissant des prodiges dans les buts montpelliérains tandis que les jeunes, Karabatic et Guigou en tête, font le spectacle. À 17' de la fin du match, les compteurs sont remis à zéro (21-13), dans une ambiance de folie. Mais les Héraultais ne relâchent pas l'étreinte pour mieux se mettre à l'abri (25-15, 50e). Grâce à un claudiquant Iakimovitch et à Mainer, Pampelune revient à huit buts

(25-17) mais c'est son chant du cygne. Guigou marque un but d'anthologie, de dos et en plein vol, sur l'aile gauche, l'exploit est consommé.

À moins d'une minute de la fin, le camp espagnol, et notamment l'entraîneur, Javier Equisoain, entre dans une colère noire et sur le terrain, s'en prenant aux arbitres. La confusion règne mais n'altère pas l'extatique bonheur montpelliérain au moment du coup de sifflet final. Puigségur, capitaine comblé, peut brandir la coupe.

LES DECLARATIONS

Patrice Canayer (entraîneur de Montpellier) : « C'est un pari fou, au départ on n'était pas vraiment partis pour ça. J'ai du mal à me rendre compte de ce qui s'est passé. Cela ne s'est jamais fait de remonter neuf buts en Ligue des champions. Contrairement à ce que je fais d'habitude, il ne fallait pas jouer de manière rationnelle. Il fallait tenir physiquement, les user jusqu'à la corde dans le défi physique. C'est ce que les joueurs ont réussi à faire. Leur constance pendant 60 minutes a été vraiment impressionnante (...) C'est un moment très important, de plaisir, de joie, mais ce n'est pas un aboutissement car sinon cela voudrait dire que derrière, il n'y a rien. On est fiers du travail qu'on a fait depuis 20 ans, on a construit ce club pierre après pierre avec des jeunes qui ont cru en nous depuis le début. On a réussi en gardant un état d'esprit positif et de vraies valeurs ». 

Jackson Richardson (FRA/Pampelune) : « Je suis hyper content pour Montpellier. Ce qu'ils ont fait est phénoménal, c'est extraordinaire pour le handball français, et ça prouve qu'il faut croire au handball. Pendant 55 minutes, on a vu du beau handball et c'est dommage que ça ce soit terminé avec autant de tensions ». 

Thierry Omeyer (gardien de but de Montpellier) :
« On n'avait pas beaucoup de chance de renverser la tendance mais nous on y croyait, c'est vraiment magique. Tout le monde a joué à son vrai niveau, c'est ça qui a fait la différence avec le match aller. Les jeunes ont beaucoup de talent et un peu l'insouciance de la jeunesse. On y a vraiment cru et on était tous solidaires pour réaliser l'exploit ». 

Grégory Anquetil (ailier de Montpellier) : « On était vraiment bien. Cette semaine à l'entraînement, c'était parfois de la guerre de rues. On était blessés dans notre orgueil. J'ai compris dès le début qu'on allait faire de grandes choses. Il fallait les user, les pousser dans leurs derniers retranchements (...) Il m'a fallu quinze ans. C'est plus important qu'un titre de champion du monde. Je suis très fier. On est une équipe. Il y a des fois de grosses absences. Mais si on se sublime tous, on peut faire des choses extraordinaires. On peut réaliser l'impossible. On ne pouvait pas faire mieux qu'aujourd'hui au niveau du combat, de l'agressivité. Jackson (Richardson) avait déjà gagné la Ligue des champions. S'il est triste, il doit être heureux pour nous ses amis ». 

Nikola Karabatic (arrière de Montpellier) : « On a très bien joué en défense, je pensais gagner mais pas de douze buts. C'est magnifique. On leur met 3-0 en début de première mi-temps et à partir de là, tout s'est bien enchaîné. D'habitude on a des problèmes en début de deuxième mi-temps, là ça n'a pas été le cas. Etre champions d'Europe, c'est ce qu'il pouvait y avoir de plus beau pour le club ». 

Mickaël Guigou (ailier de Montpellier) : « Les larmes ont coulé, toute la pression est retombée, on ne sait pas encore ce qui nous arrive. Plus douze buts, y'a rien à dire. Quand il y a huit buts à rattraper, tous les moyens sont bons. A l'aller on avait voulu croire que c'était un match comme les autres, on a eu un problème de lucidité et d'envie. On savait qu'on n'avait rien à perdre, que personne ne pensait qu'on était capables d'un tel exploit. On a voulu montrer qu'on était là avec notre jeunesse et notre expérience ».