Lexique


Le Kung-fu

Un arrière semble jeter la balle au-dessus de la zone, mais un ailier jaillit dans le dos des défenseurs, réceptionne le ballon en l'air et tire à bout portant devant le gardien. C'est un kung­fu. Vaguement aperçue dans les années 60, cette action fut élevée au rang d'institution par les Asiatiques. D'où l'appellation. Souvent inférieurs en gabarit face aux Européens, les Japonais, puis les Coréens, ont utilisé cette parade pour passer les défenseurs en jouant ainsi dans leur dos. Les pivots furent les premiers destinataires du kung-fu, qui peut terminer une contre‑attaque et être doublé (le passeur termine buteur) pour accroître le spectacle. Greg Anquetil en raffole. Quand il se poste dans l'angle droit du terrain sur son aile droite, il y a du kung‑fu dans l'air.

 

Le Chabalas

Au début des années 70, le polonais Wasckwiecz eut l’idée de ce geste violent, qui combine une très grande vitesse de bras et un cassé du poignet imprimant une rotation au ballon pour en ralentir la course, Le but est de provoquer une réaction explosive du gardien, piégé par l'effet « feuille morte » d'une trajectoire rectiligne qui le « traverse » au‑dessus de sa tête ou de son épaule. Guillaume Gille s'y essaie parfois, mais les spécialistes furent les Yougoslaves Isakovic, Portner et autres Smajlagic.

 

La Roucoulette

Jackson Richardson en a fait un art. Un jour, à Bercy, le Français a inscrit un penalty sur ce tir consistant à utiliser l'effet au sol pour modifier la trajectoire de la balle, un peu comme au billard. Le Réunionnais y excelle, car il possède une laxité-puissance du poignet phénoménale, élément indispensable pour accroître la rotation du ballon. Le Roumain Voinea et le Bélarusse Karschakewitsch popularisèrent ce tir, plus seulement utilisé par les ailiers. Plus technique, Voinea lâchait la balle au ras du sol : elle contournait le gardien en roulant. Karschakewitsch utilisait un rebond haut pour provoquer le changement de rotation.

 

Le Schwenker

C'est l'un des rares gestes techniques (avec le Fenyo, un croisé entre l'ailier et le pivot) qui porte la nom de son inventeur. Limité en taille, l’allemand Heinrich Schwenker eut l'idée, pour contourner son vis-à-vis, de feinter le tir en suspension en enchaînant suspension, et dribble, plutôt que suspension et tir. Cette feinte, apparue au début des années 60, implique de posséder assez de détente pour « embarquer» le défenseur, mais surtout d'être capable de récupérer la balle après le dribble, puisqu'elle doit être lâchée sous peine de marcher.